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samedi 3 janvier 2009

*L'aviation teste les vertus des biocarburants...*

***Un Boeing 747 d'Air New Zealand (ANZ) a été le premier avion à voler, mardi 30 décembre, avec un mélange de kérosène et de biocarburant qualifié de "deuxième génération". Parti de l'aéroport international d'Auckland, le gros-porteur y est revenu sans encombre après un vol expérimental de deux heures, au cours duquel l'un de ses quatre moteurs a brûlé un carburant composé à 50 % de diester tiré d'huile de jatropha.

Cet essai vise à déterminer si cette plante pourra un jour se substituer pour partie au pétrole comme source de carburant aérien. Conduit par ANZ, en lien avec Boeing et Rolls-Royce, il s'inscrit dans une politique plus générale de l'aviation civile visant à trouver des alternatives au carburant traditionnel, le Jet-A1, accusé comme les autres hydrocarbures de concourir aux émissions de gaz à effet de serre et d'être, de plus, soumis aux cours erratiques du pétrole.

Pour l'heure, le transport aérien ne contribue qu'à hauteur de 2 % à 3 % aux émissions de CO2, mais des projections de la Commission européenne tablent sur une augmentation de 90 % du trafic d'ici à 2020. L'Association internationale du transport aérien (IATA), qui représente 230 compagnies aériennes, a fixé un objectif d'introduction de 10 % de biocarburants dans la consommation des flottes d'ici à 2017. Les compagnies aériennes sont conscientes des limites des agrocarburants de première génération (tirés de la canne à sucre, du soja, du colza ou du maïs) : certains gèlent à des températures trop élevées ; leur culture est accusée d'empiéter sur les terres arables destinées à l'alimentation, de contribuer à la crise alimentaire en gonflant les cours des matières premières et d'encourager la déforestation.

Air New Zealand souligne donc que son essai devait respecter trois critères "non négociables" : la source du carburant ne devait pas entrer en compétition avec des cultures alimentaires ; l'utilisation du carburant ne devait imposer aucune modification technique sur les appareils ; il devait être compétitif avec le kérosène et immédiatement disponible.

L'huile utilisée a été récoltée en Inde, au Malawi, au Mozambique et en Tanzanie. La plante, originaire d'Amérique du Sud, peut être cultivée sur des sols arides, ses graines ne sont pas comestibles, si bien que sa culture pourrait ne pas entrer en compétition avec l'agriculture alimentaire. L'Inde mise déjà sur le jatropha pour propulser une partie des camions qui sillonnent le sous-continent : 7,4 millions d'hectares pousseraient déjà près des grandes voies de communication et un plan prévoirait de passer à 12 millions d'hectares d'ici à 2012.

Mais il faudra plusieurs années d'expertises avant que l'huile de jatropha obtienne les certifications nécessaires à son utilisation en vol commercial. Et un des manageurs d'Air New Zealand a estimé que la compagnie ne pourrait pas s'assurer un approvisionnement pour l'ensemble de ses vols avant 2013.

Le jatropha semble certes prometteur : ses graines peuvent contenir jusqu'à 40 % d'huile et on évoque des niveaux de production de 2 tonnes par hectare - de quoi propulser un 747 sur plus de 100 km. Mais des essais ont révélé que les rendements pouvaient être décevants et certains agriculteurs - au Ghana, notamment - ont montré des réticences à se lancer dans une production à forte main-d'oeuvre dont le débouché est mal assuré et qui les rendrait financièrement dépendants des raffineurs. En outre, certains chercheurs soulignent la toxicité de la plante, qui pourrait avoir un impact sanitaire.

Le jatropha n'est pas le seul biocarburant dans la ligne de mire de l'aviation. En février 2008, Boeing et Virgin Atlantic avaient effectué un vol d'essai avec un mélange comprenant de l'huile de palmier (babassu) et de noix de coco. Les défenseurs de l'environnement avaient critiqué un "coup de pub", arguant que les quantités nécessaires aux flottes aériennes ne pourraient pas être fournies par cette forme de sylviculture. Ils réclamaient plutôt une réduction du trafic aérien.

Les algues seront-elles plus vertueuses ? Enviro.aero, un centre de réflexion mis en place par l'industrie aéronautique, estime que leur culture, en bassin, pourrait ne nécessiter "que" l'équivalent de la surface de la Belgique pour répondre aux besoins de l'ensemble de la flotte aérienne mondiale. Le 7 janvier, un 737 de Continental Airlines doit effectuer un vol d'essai avec un moteur alimenté avec 50 % d'huile d'algues...

Hervé Morin
Le Monde
03.01.09.

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