mercredi 9 décembre 2009

*Sommet de Copenhague : quand le climat devient stratégique*


***Copenhague est depuis quelques semaines la ville vers laquelle se tournent tous les regards. Aucun quotidien, aucun périodique, aucun site internet qui n’ait, ces jours-ci, publié sur le sommet qui s’y tient en ce mois de décembre. Notre site n’y échappe pas et notre objectif étant de traiter de l’actualité des relations internationales, il était difficile d’occulter un tel événement qui reste, qu’on le veuille ou non, l’actualité internationale majeure de cette fin d’année 2009.

Cette quinzième édition de la Conférence des parties, je n’apprendrai rien à personne, est supposée déboucher sur un accord qui devrait permettre de réduire les émissions de gaz à effet de serre après 2012 et donc de lutter contre le réchauffement climatique. Un nombre très certainement inégalé par le passé de décideurs politiques, de chefs d’Etats et de gouvernement se rendront à Copenhague, toutes les ONG engagées sur les questions environnementales y sont également prouvant, si tant est que ce soit encore nécessaire, l’importance de l’événement.
Au delà de tout cela, que retiendra-t-on à l’issue de ce sommet ? Est-ce qu’il sera le sommet historique que d’aucuns nous annoncent ? Aboutir à un accord, si possible avec des engagements chiffrés et une feuille de route, apparaît comme un enjeu clé. Certes, mais un accord suffira-t-il ? La troisième conférence en 1997 avait permis l’adoption d’un texte novateur, le protocole de Kyoto, qui affichait des objectifs chiffrés et une échéance temporelle précise. Pourtant, malgré leur engagement initial, les Etats-Unis ne l’ont jamais ratifié, l’Australie, tardivement, à Bali en 2007 et le Canada a menacé de s’en désengager. Et même les Etats les plus impliqués, les pays européens, ont certes mis en place un marché d’émissions de gaz à effet serre mais force est de constater que la réduction de leurs émissions reste relative et très peu corrélée, pour le moment, à des efforts et investissements notables pour changer nos modes de vie, mais plutôt à des facteurs exogènes et conjoncturels : une croissance relativement limitée et l’élargissement de l’Union européenne à des pays dont l’industrie lourde très polluante initialement se modernise.

Un accord serait donc incontestablement une avancée mais il ne suffira pas en tant que tel à changer les choses et les comportements. Ce ne sont donc pas ces quelques jours du sommet de Copenhague qui vont régler la question du changement climatique. Quels enjeux alors ? De notre point de vue, et c’est le fil conducteur de notre dossier, l’enjeu majeur à Copenhague, et surtout en amont et en aval de ce sommet, est la reconfiguration des relations internationales qu’il préfigure. Barack Obama n’est pas venu négocier avec les Européens avant le sommet. Il a préféré se rapprocher de la Chine. Il est vrai qu’en la matière, les deux pays présentent des caractéristiques assez comparables : ce sont les deux premiers responsables des émissions de gaz à effet de serre au monde. Leurs économies respectives sont en concurrence quant à leurs approvisionnements en produits de base et énergies, mais aussi interdépendantes. Le Président des Etats-Unis a également poussé le Congrès à accepter son programme environnemental. La Chine et l’Inde ont décidé de se concerter pour peser de tout leur poids dans la négociation. Enfin, une fois n’est pas coutume, les Européens apparaissent d’accord sur leurs engagements respectifs.

De nombreuses questions restent toutefois en suspens. La question de la croissance économique d’abord. On sait que les émissions de GES sont étroitement corrélées à la croissance économique. L’ampleur de la reprise sera donc déterminante pour la crédibilité des engagements de chacun. Par ailleurs, certains se plaisent à expliquer qu’il nous faut changer de modèle économique pour envisager des modes de vie qui limiteraient notre croissance. Ce type d’arguments ne pourra s’appliquer à des pays encore en développement et pour lesquels la croissance de l’économie est aussi synonyme d’une moindre pauvreté et surtout une réponse à leurs besoins vitaux les plus élémentaires. Ce constat préalablement fait, c’est alors la question du développement économique des pays en développement qui doit être posée. Le développement durable et soutenable peut être une réponse mais il a un coût que ne peuvent assumer les seuls pays en développement. Qui paiera ? La crise économique a coûté cher à nos Etats, il est peu probable qu’ils soient prêts à soutenir financièrement les pays du sud. Il faudra alors penser des mécanismes qui, à l’instar de ce que prévoyait le protocole de Kyoto, permettront des financements innovants.

Dossier dirigé par Sylvie Matelly, directrice de recherche à l’IRIS et Sarah Lacarrière, chercheur à l’IRIS
9 décembre 09

***A SUIVRE...***

Bien à vous,

Morgane BRAVO

*Produits bio : Les européens appelés à choisir le logo de l’UE...*


Les trois logos soumis à la consultation du grand public en Europe

***Alors qu’au 1er juillet prochain les produits alimentaires se réclamant de l’agriculture biologique devront dans toute l’UE présenter un signe officiel de reconnaissance, la Commission européenne lance une consultation grand public pour choisir le logo qui permettra de les distinguer

Le 1er juillet prochain, la présence d’un logo européen officiel deviendra obligatoire sur tous les produits alimentaires se réclamant de l’agriculture biologique. La Commission européenne organise jusqu’au 31 janvier une consultation auprès de tous les habitants de l’Union pour choisir le futur logo qui figurera sur les produits alimentaires préemballés issus de l’agriculture biologique. Trois logos ont été retenus après le lancement d’un concours auquel ont participé 3 400 étudiants den art et en design de l’UE.

La consultation auprès du grand public est organisée via l’Internet, le dessin ayant eu le plus de suffrages deviendra le signe officiel de reconnaissance des produits bio dans toute l’Union Européenne à partir de juillet 2010. Le logo bio européen figurera à côté des autres mentions obligatoires informant qu’il s’agit d’un produit bio certifié par un organisme certificateur agréé par les pouvoirs publics pour son indépendance, sa compétence et son impartialité. Il désignera des produits contenant au moins 95% d’ingrédients bio (hors eau et sel), la part restante étant autorisée en non bio pour les ingrédients non disponibles en bio.

10 décembre 2009,
Stéphane Davin
JDD

*« Sans les transports maritimes, la moitié du monde mourrait de faim et l'autre moitié de froid »*

***L'un des évènements parallèles de mercredi dans le pavillon de l'UE à l'occasion de la Conférence des Nations Unies sur le changement climatique à Copenhague, était placé sous le thème des transports maritimes internationaux et du changement climatique. L'Organisation maritime internationale, OMI, a notamment présenté le travail qu'elle accomplit pour diminuer les émissions de gaz à effet de serre des navires. L'un des orateurs, Michael Lund, du Conseil maritime baltique et international, BIMCO, a indiqué l'importance des transports maritimes internationaux pour le commerce.
« 90 pour cent du commerce mondial est basé sur les transports maritimes effectués par 60 000 navires. En étant un peu dur, on pourrait dire que sans ces transports la moitié du monde mourrait de faim et l'autre moitié de froid. »

***Manifestation féminine à Malmö...***


***Des femmes de plus de 50 ans qui coupent et empilent 20 mètres cubes de bûches, qui jettent des haches et font des gauffres. L’installation de Dorte Olesen « Femmes coupant du bois » envahit pendant deux jours la place Stortorget de Malmö dans le cadre de la manifestation « Feu vert ». « C’est très bien de pouvoir montrer que les femmes un peu plus âgées sont fortes et ne sont pas des victimes » indique Elisabeth Ahlgren, Chimiste de Djurö dans l'archipel de Stockholm, l'une des travailleuses sur la place.

Elisabeth Ahlgren et Siv Qvarfot, professeure de travaux manuels sur textiles originaire de Tidaholm, scient des bûches pour leur partenaire coupeuse de bois, Jane Sellström, artiste de Gotland. Elles font toutes trois partie du noyau de la troupe qui s’est rendu à Berlin et à Malmö à bord d’un car de groupe de rock. Font aussi partie de ce noyau, des allemandes qui ont trimé sur Alexanderplatz, et ont adroitement jeté des haches à double tranchant, vers des cibles, lors des pauses entre deux bûches. Les autres femmes viennent de la région.

« Les femmes de plus de 50 ans sont invisibles dans la société actuelle. Nous voulons montrer ici la force des femmes et que même les femmes un peu plus âgées réussissent à faire beaucoup de choses » disent-elles.

Toutes les trois sont des bûcheronnes expérimentées qui se servent de bûches dans leur quotidien pour se chauffer et pour faire la cuisine. Elles ont vu un reportage sur l’installation dans leur journal quotidien et ont tout de suite pris contact avec Dorte Olesen, ce qu’elles ne regrettent absolument pas aujourd'hui.

« C’est vraiment bien ici, il y a un bon esprit de groupe. Les habitants de Malmö qui passent par ici nous interpellent joyeusement, et nombreux sont les gens surpris de nous voir soulever des gros morceaux de bois et couper en deux de grosses bûches » expliquent-elles.

La première de l’installation « Femmes coupant du bois » du chorégraphe Dorte Olesen a eu lieu sur la place Sergels Torg à Stockholm en 2007, et un grand intérêt lui a été porté cet été à Berlin lors de l'inauguration de la Présidence suédoise. À Berlin, une trentaine de femmes, dont la moitié étaient allemandes et l'autre suédoises, âgées de cinquante ans et plus, ont participé.

Dorte Olesen, qui a servi de chef de projet, a eu l’idée de l’installation dans sa maison de campagne en Dalécarlie lorsqu’elle était à couper du bois. Elle sentait qu’elle souhaitait rendre la force féminine et l’esprit de communauté plus visibles, faire connaitre une partie de la vie à la campagne aux grandes villes, et montrer le niveau de force physique nécessaire pour produire de l'énergie. Mais le projet a aussi pour but de montrer les connaissances détenues par les femmes de plus de 50 ans, et veut inciter à la rencontre entre différentes cultures et différents pays.

« J’espère que les spectateurs ici à Malmö, sentiront l’arôme des bûches et s’imprégneront de la force d’attraction de la coopération physique et de l’esprit communauté entre les femmes » indique-t-elle.

Dorte est comblée par le grand intérêt porté par les femmes pour le projet. Elle est envahie de courriels de femmes souhaitant participer à l’installation.

« Les femmes de plus de 50 ans représentent un groupe intéressant. Elles ne considèrent plus que les apparences soient importantes, et elles ont une attitude plus détendue. Il aurait été bien plus difficile de recruter des filles de 20 ans pour couper du bois » termine-t-elle.

se2009.eu

*« Les villes font à la fois partie du problème et de la solution à la question climatique »...*

***Les villes européennes et le défi climatique global étaient le thème de l'un des évènements parallèles de mardi dernier dans le pavillon européen de la Conférence des Nations Unies sur le changement climatique à Copenhague. Parmi les orateurs il y avait notamment Claus Sorensen de la Commission européenne et Huang Huikang, Vice-maire de la ville chinoise de Tangshan. On construit actuellement dans la banlieue de Tangshan une toute nouvelle ville écologique, inspirée des bons exemples des villes européennes.
« La majorité des habitants sur terre vivent dans des villes. Les villes font à la fois partie du problème mais aussi de la solution au réchauffement global » a indiqué Elisabet Falemo, Directrice de cabinet en Suède.

***Conférence sur le changement climatique : Les états insulaires protestent...***


***N’abandonnez pas l’espoir de voir un accord international sur la climat juridiquement contraignant adopté à Copenhague. Telle était l’exhortation d’un groupe important d’états insulaires qui ont exigé mercredi que l’on fasse plus d’efforts pour parvenir à l'adoption d'un tel accord, en désignant un groupe qui soit spécifiquement chargé de cette tâche. Ce coup de théâtre a soulevé une vague de contestations, de la Chine et de l’Inde notamment, au cours d’un débat animé.

La question de la forme juridique du nouvel accord sur le climat a été abordée mercredi après-midi pendant la séance plénière. Il règne actuellement un désaccord de fond sur la question de savoir si un accord juridiquement contraignant va pourvoir être établi pendant la conférence de Copenhague et dans ce cas, quelles en seront les formes. Plusieurs états insulaires, avec à leur tête l’île de Tuvalu, veulent qu’un groupe spécifiquement chargé de cette question soit mis en place. Les îles sont particulièrement vulnérables aux inondations et aux tempêtes causées inévitablement par le changement climatique si celui-ci n’est pas freiné, et l’AOSIS, l’Alliance des Petits États Insulaires, défend de pied ferme sa position, à savoir qu’un accord juridiquement contraignant doit être conclu dès maintenant.

D’autres pays, notamment la Chine, l’Inde et l’Arabie Saoudite, pensent qu’il faut se concentrer avant tout plus sur la substance que sur les questions procédurales. L’UE a précédemment souligné qu’elle souhaitait parvenir à l'adoption d'un accord à Copenhague, mais que cela ne serait pas chose facile. C’est pourquoi il serait mieux, à ce stage, de concentrer ses efforts sur l’obtention d’une unanimité politique. Pour d’autres pays, il s'agit aussi d'une questions de ressources.

« Nous avons une petite délégation ici. Mais nous n’aurons pas la possibilité de participer à d'autres discussions de ce type. Il est par ailleurs trop tôt pour désigner un groupe étant donné que dans la pratique cela rendrai le Protocole de Kyoto obsolète », a déclaré l’ambassadeur du Venezuela lors de la séance plénière.
La question n’est pas résolue

Étant donné que ce type de décision requiert l’unanimité, la Présidence danoise a organisé au cours de la journée des réunions avec des représentants des deux propositions. Mercredi soir, la question n’était toujours pas résolue. Le négociateur en chef de l’UE a lui aussi tenu une réunion avec les représentants des états insulaires dans l’après-midi. Suite à cette réunion, la Présidente de l’AOSIS, Dessima Williams, a de nouveau souligné qu’un accord juridiquement contraignant devrait être l’objectif de Copenhague (voir la vidéo de son interview ci-dessus).
« La Chine bloque »

Au cours de la conférence presse quotidienne, l’accent a été porté sur une autre question. Le négociateur en chef de l’Union, Anders Turesson, a mentionné la question de la forme juridique au cours de discussions au sein du groupe de travail « Action coopérative à long terme dans le cadre de la Convention Climat » (AWG-LCA). Au sein de ce groupe, les questions des objectifs d’émissions sont discutées par des pays qui n’ont pas eu besoin d'adhérer au Protocole de Kyoto. Au nombre de ces pays figurent notamment les États-Unis, ce qui signifie que le groupe AWG-LCA est un forum important au sein duquel le futur accord est élaboré. Turesson explique que la Chine et le groupe des pays en voie de développement (le G77) bloquent les possibilités de l’UE de discuter de la réduction des émissions avec les États-Unis.

« À l’heure actuelle, nous ne disposons d’aucun forum au sein duquel il est possible de discuter des objectifs d’émissions avec l’ensemble des pays développés. Cela a des répercussions négatives sur les résultats que nous pouvons atteindre ici », explique Turesson. Son discours a reçu le soutien de la responsable des négociations pour l’Espagne, Alicia Montalvo.

« En bloquant de cette façon, on détourne les règles », a-t-elle ajouté.

Visionner l’intégralité de la conférence de presse en cliquant sur le lien dans la colonne de droite.

se2009.eu

*** Manifeste pour la créativité et l’innovation en Europe...***

***Le monde avance à un rythme nouveau. Pour y garder une position d’avant-garde l'Europe doit faire preuve de créativité et d'innovation. C’est par ces mots que les ambassadeurs de l’Année de la créativité et de l’innovation introduisent leur manifeste. Au moyen de sept priorités et sept plans d’action, le manifeste contribuera à dessiner la vision de l’UE sur la créativité et l’innovation.

Les ambassadeurs de l’Année de la créativité et de l’innovation ont élaboré cette année un manifeste de la créativité et de l’innovation. Il s’agit de personnes éminentes du monde de la culture, des sciences, des affaires, de la formation et du design. Parmi celles-ci figurent Ernő Rubik inventeur du Rubiks Cube, le designer franҫais Philippe Starck, Karlheinz Brandenburg inventeur du lecteur mp3, la lauréate du Prix Nobel Rita Levi-Montalcini et Harriet Wallberg-Henriksson, présidente du Karolinska institutet.

Le manifeste comprend sept priorités visant à faire de l’Europe la région du monde la plus compétitive. Ces priorités couvrent tous les domaines de l’innovation, de la formation, des sciences et du design :


1. Encourager la créativité par l’apprentissage tout au long de la vie, où théorie et pratique vont de pair.
2. Faire des écoles et universités des lieux propices à la créativité des élèves et enseignants, favorisant l’apprentissage par la pratique.
3. Faire des lieux de travail des lieux d’apprentissage.
4. Promouvoir un secteur culturel fort, indépendant et diversifié, étayant le dialogue interculturel.
5. Encourager la recherche scientifique pour mieux comprendre le monde, améliorer la vie des gens et stimuler l’innovation.
6. Encourager les procédés, la réflexion et les outils au service du design, en prenant en compte les besoins des utilisateurs, leurs sensibilités, leurs aspirations et leurs habilités.
7. Apporter son soutien à l’innovation dans les entreprises contribuant au bien-être et au développement durable.

La mise en œuvre des priorités passe par l’investissement dans les ressources humaines et la connaissance, estiment les ambassadeurs. Il est proposé que les artistes, designers, scientifiques et entrepreneurs qui apportent leur contribution par de nouvelles idées soient récompensés. La culture doit être soutenue, l’innovation encouragée et l’Europe doit ouvrir son champ de vision au monde. Enfin, l’économie se doit d’être respectueuse de l’environnement.

Le manifeste a été remis, lors d'une cérémonie le 12 novembre, à José Manuel Barroso, Président de la Commission européenne.

Durant la conférence de clôture de l'Année pour la créativité et l'innovation « Créer. Innover. Croître », le 17 décembre de 10 h 45 à 11 h 15, les ambassadeurs présenteront le manifeste aux participants à la conférence. Cette présentation sera également retransmise.

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